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Quelques éléments de
spiritualit
Père André
Notre spiritualité est celle de l’ensemble de l’Eglise orthodoxe. Elle
ne veut être que fidélité à l’Evangile, à la prédication des apôtres,
à la foi et à la prière de l’Eglise, fidélité à
Pour nous en Occident, l’émigration russe a joué un rôle particulier
dans cette transmission. En effet, la traduction, en slavon puis en russe, et la
diffusion de
L’émigration russe du début du XXe siècle, qui était
porteuse de toute cette tradition, a grandement contribué au développement
d’une orthodoxie ressourcée dans l’esprit des Pères, notamment avec
l’Institut de théologie Saint-Serge à Paris.
Voici ce qu’écrivait en 1978 l’une des grandes figures de cette émigration,
le Métropolite Antoine de Souroge : « La fin du XIXe et le début du XXe siècle ont vu surgir
en Russie une pléiade de Maîtres Spirituels qui ont su unir en leur personne
et dans leur enseignement la radicale intégrité de la tradition ascétique de
l'Orthodoxie avec une compréhension du monde et de la vie qui les baignait de
toutes parts. Ce sont à leurs contemporains qu'ils se sont adressés, mais leur
message reste actuel pour nous. Comme les Pères de l'Eglise, ils ont refusé
tout compromis avec un ajustement de l'Evangile aux exigences d'une société
qui se détournait de
L’exposé ci-après est construit en très grande partie à partir
d’extraits de l’ouvrage de Nicolas Arséniev :
On
retrouvera ici des points essentiels de la théologie orthodoxe, mais sous une
forme expérimentale plutôt que spéculative. C’est d’ailleurs bien dans
l’esprit de la théologie patristique d’être vécue dans la prière avant
d’être formulée dans des définitions dogmatiques, selon l’adage attribué
à Prosper d’Aquitaine : lex
orandi, lex credendi (la règle de prière est la règle de foi). Notre doctrine est conforme à l’eucharistie et l’eucharistie la
confirme, disait saint Irénée[2]
au IIe siècle.
1.1.
La gloire et la condescendance du Verbe incarné
« On
peut dire que ce qui est décisif pour l'Eglise orthodoxe, c'est la contemplation
de la gloire du Verbe incarné, une contemplation vraiment johannique,
car tout le caractère de cette Eglise, sur ses sommets spirituels, est profondément
johannique (et profondément paulinien en même temps). Contemplation
incessante, pleine de tremblement et d'amour, du mystère de la condescendance
sans bornes du Seigneur : de son Incarnation, de sa Croix, de la gloire et
de la force victorieuse et transfigurante de sa Résurrection ! Ces deux pôles,
le Verbe divin qui s'est fait chair (Jean 1,14), sont simultanément présents à l'esprit de
l'Eglise. A travers cette réalité historique concrète, poignante, palpable :
ce que nous avons vu avec nos yeux, ce que
nous avons touché avec nos mains (I Jean 1,1) ; à travers cette
vie réellement vécue d'humilité et de sacrifice, à travers ces souffrances
authentiques, s'ouvrent des arrière-fonds métaphysiques, les profondeurs de la divinité qui éblouissent l'œil
subjugué. »[3]
« Je contemple un mystère étrange et merveilleux : la
grotte est le ciel,
Il faut souligner ici le rôle de la liturgie, non seulement de la
liturgie eucharistique, qui est au centre de la vie chrétienne, mais de
l’ensemble des offices, en particulier les Vêpres et les Matines, dans
lesquels se déploie toute l’hymnographie byzantine, très méditative et catéchétique
en même temps, qui a une capacité à imprégner l’âme et à toucher le cœur
des fidèles.
Ecoutons par exemple ces chants de
« Aujourd'hui
est suspendu à
« Aujourd'hui le
Roi de la création se tient devant Pilate, et le Créateur de toutes choses est
livré à
« Le thème qui revient sans cesse est l'antithèse de
l'homme et de Dieu dans la personne du Christ : cet homme qui souffre, cloué
à la croix, c'est le Créateur du ciel et de la terre. »[4]
« Cette contemplation émue et ardente de la condescendance
miséricordieuse du Sauveur, de sa condescendance incroyable et pourtant vraie »[5],
fait que les fidèles sont si attachés aux offices de
« Ô Christ, Toi
« La condescendance
de la majesté divine, sa condescendance jusque dans l'abîme de notre péché
et de notre délaissement, (est un) trait fondamental dans lequel tout le
message de
1.2.
« Ce qui caractérise surtout la piété de l'Eglise
d'Orient, c'est donc le sentiment de l'irruption
victorieuse de la vie éternelle, qui s'accomplit dans
« C'est
le jour de
« Que
les cieux se réjouissent, que la terre soit dans l'allégresse, que le monde
entier soit en fête, le monde visible et
invisible : car le Christ s'est relevé, Lui la joie éternelle. »
(Canon de Pâques)
« Une
Pâque sainte nous est révélée aujourd'hui :
Pâque nouvelle et sainte, Pâque mystique, Pâque très vénérable ! Pâque,
le Christ libérateur ! Ô Pâque immaculée, Pâque très grande, Pâque
des croyants ! Pâque qui nous ouvre les portes du Paradis, Pâque qui
sanctifie tous les fidèles. » (Stichère de Pâques)
« C'est
le jour de
Voilà le cœur du message chrétien, le centre rayonnant de la vie
et de la piété de l'Eglise orthodoxe.
Cet aspect
de l’enseignement orthodoxe, qui a su garder un juste équilibre entre
l’effort de l’homme et la grâce divine, est important à faire connaître
dans le contexte de l’œcuménisme, avec les débats récurrents sur la justification. Nous pensons qu’il permet de dépasser
l’opposition, classique en Occident depuis
« Le caractère cosmique de
Nous reviendrons (§
3.3) sur l’un des principaux aspects du combat : le renoncement à soi-même.
2.2.
L’impuissance de l’homme à se sauver lui-même
« Voilà
un côté de cet enseignement : l'accent est mis sur les qualités
viriles de l'âme, sur l'élément d'activité, de tension, d'effort. Mais
nous ne nous sauvons pas par nos propres forces. Car nous sommes faibles, débiles,
instables, impuissants. Avec la même insistance, l'impossibilité du salut par
nos propres efforts est mise en relief. C'est l'autre côté, non moins évident,
de la même expérience. L'esprit humain
n'est pas à même de surmonter les tentations des démons par ses propres
forces, il ne doit même pas le risquer, dit Hésychius de Jérusalem (Ve
siècle)[11],
et les autres pères ascétiques et mystiques de l'Eglise d'Orient le disent et
le répètent avec insistance. Voilà le dilemme : nous sommes appelés à
être les guerriers de Dieu, nous sommes appelés à la virilité, au courage,
à l'activité, à l'effort et au combat spirituel, et nous sommes faibles,
impuissants, nous ne devons même pas oser livrer ce combat par nos propres
forces. »[12]
« Comment
sortir de ce dilemme, bien paulinien ? Il n'y a que l'invocation
incessante de Jésus, la prière adressée à notre Sauveur, le cri du cœur
dans notre détresse, et c'est Lui qui vient à notre aide et combat alors pour
nous. Le même Hésychius de Jérusalem continue dans le passage déjà cité :
Mais si tu invoques le nom de Jésus, ils
(les adversaires spirituels, les démons) ne pourront un seul instant te résister
ni entreprendre contre toi quoi que ce soit. — Il
est impossible, continue-t-il[13],
que le cœur soit purifié des pensées
pernicieuses sans l'invocation du nom de Jésus. — Quand Jésus est invoqué, écrit Philothée du Sinaï (commencement
du IXe siècle)[14],
Il consume sans peine tout ce qui est
entaché de péché. Car dans aucun autre n'est le salut pour nous, hormis Jésus-Christ.
C'est Lui-même du reste qui l'a dit : Sans Moi, vous ne pouvez rien faire
(Jean 15,5). Et cette solution est certes bien paulinienne, bien néotestamentaire,
bien christocentrique. Nous sommes faibles, mais en Lui nous devenons forts (cf.
II Cor. 12,9-10). La solution du dilemme est dans la prière
incessante, dans l'invocation inlassable de Jésus. Nous sommes appelés à
être actifs, mais nous ne le sommes que par sa force. Car c'est Lui qui vient
combattre pour nous et appuyer nos efforts. Donc, grâce et activité s'allient
intimement, indissolublement dans cette vie qui vient de Jésus-Christ. Il y a
les dons de l'Esprit, la grâce de la persévérance dans le combat, la virilité
de l'âme, l'héroïsme spirituel, le processus de la sanctification, de
l'ascension qui commence dès à présent et auquel nous sommes appelés dès
à présent. Mais tout cela, ce sont des dons, des prêts qui
viennent de Lui et qu'Il peut retirer à chaque moment. Rien n'est à nous. De là
l'humilité sur les hauteurs de la sainteté. »[15]
Nous reviendrons (§
3.1) sur l’invocation de Jésus.
« Cette
humilité n'est pas une vertu
qui s'ajoute, c'est l'attitude foncière de l'âme sainte qui se voit dans la présence
de Dieu, qui voit sa petitesse et sa faiblesse à elle et sa grandeur à Lui.
Cette humilité est constamment inculquée, avec insistance, avec force, par
tout l'enseignement moral et spirituel de l'Eglise orthodoxe. C'est elle qui
resplendit avec tant de rayonnement, jointe à la douceur, la simplicité, la
bienveillance et l'esprit de mesure et d'équilibre spirituel, sur le visage des
pères du désert et dans la personnalité des grands saints et justes de
l'Eglise russe. (…) L'abbé Dorothée (VI-VIIe siècles)[16],
dans ses homélies qui ont été considérées par l'Eglise d'Orient comme une
des meilleures introductions à la vie spirituelle, nous donne toute une
philosophie de l'humilité. Il compare les âmes à des arbres fruitiers. Quand
ces arbres portent beaucoup de fruits, les branches, sous le poids, s'inclinent
vers la terre ; par contre, les branches qui n'ont pas de fruits se
dressent vers le haut. Il y a même des arbres aux branches desquels on attache
des pierres pour les contraindre à s'incliner afin qu'elles portent des fruits.
Il en va de même avec les âmes : quand elles s'humilient, elles
deviennent riches en fruits, et plus elles le deviennent, plus elles
s'humilient. C'est pourquoi plus les saints se rapprochent de Dieu, plus ils se
voient pécheurs. Ainsi Abraham, quand il vit Dieu, s'appela terre
et poussière (Gen. 18,27) et Isaïe, en voyant Dieu trônant dans sa majesté,
s'écria : Je suis un réprouvé, un
impur ! (Is. 6,5). »[17]
« Un autre trait important est l'accent mis sur la douceur,
la patience, la bienveillance
et l'humilité (cf. Gal. 5,22) dans
les rapports avec autrui. Supporter en
toute humilité les injures et l'injustice et ne pas répondre au mal par le
mal, mais tâcher de se concilier les hommes par la douceur et le bien qu'on
leur fait. »[18]
« Voici encore un trait qu'il faut relever dans cet
enseignement, dans cet idéal et cette expérience de sainteté : c'est la sobriété
spirituelle, l'accent d'une virilité modeste, pleine de discernement
spirituel, jointe à une simplicité d'enfant, douce et bénigne, mais une
simplicité qui appartient déjà aux hauteurs et touche au sublime. Le guerrier
de Dieu doit être viril, et cette virilité doit être humble et sobre. Les pères
ascétiques et mystiques relèvent et exaltent beaucoup cette sobriété d'âme
comme l'attitude fondamentale, vraie, comme l'essence même de la vie
nouvelle. La sobriété spirituelle,
écrit Hésychius de Jérusalem[19],
est la voie de toutes les vertus et du
commandement divin. Elle est aussi appelée silence du cœur et c'est la même
chose que la vigilance de l'esprit, d'un esprit qui a atteint l'état d'une
parfaite non-dissipation des pensées.
Cette sobriété
spirituelle qui va de pair avec cette vigilance
du cœur, cette circonspection douce, humble et virile, nourrie d'une vie de
prière incessante et inlassable, se manifeste aussi dans une grande méfiance
vis-à-vis de tout émotionalisme
religieux, de toute émotivité exagérée ou hystérique, à l'égard de toute
prépondérance de l'élément affectif non contrôlé, contre l'intrusion de
tout élément de sensualité, aussi cachée ou déguisée qu'elle soit, et de
tout élément d'imagination visionnaire — en somme, contre l'activité d'une
fantaisie religieuse débordante, se donnant libre carrière dans des visions et
des extases. »[20]
Nous
reviendrons (§
3.4) sur la sobriété.
La vie spirituelle,
tout ce qui est dit dans les chapitres précédents, est indissociable de la prière.
« Tout
ce combat, toute cette activité est prière, toute cette vie est prière, toute
la force provient de la prière, ou plutôt de Celui qu'on appelle à l'aide et
qui vient nous délivrer de nos ennemis et combattre pour nous. En d'autres
mots, toute cette activité si virile, si intense et si courageuse qu'elle soit,
découle de la grâce, est nourrie de la grâce, est nulle et impuissante sans
la grâce. Et dans l'austérité du combat et de la crucifixion, il y a la présence
de Celui qui vient à notre aide : du Seigneur Jésus, Fils de Dieu. L'austérité
de
Très éclairants à ce sujet sont les
extraits ci-après de lettres du starets
Théophane le Reclus (1815-1894), par ailleurs évêque et traducteur de
« La
croissance dans la vie spirituelle s'identifie à la croissance dans la prière ;
elle doit illuminer la vie tout entière, celle de tous les jours, avec ses
peines et ses soucis ; elle doit sanctifier tous les détails de la vie intérieure
et extérieure, tous nos rapports avec notre prochain. »[23]
Il s’agit ici
principalement de la prière de Jésus,
la prière du cœur, fondée sur
l’invocation incessante du nom de Jésus (cf. § 2.3) :
Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! Cette
prière, gardée comme la pierre précieuse de l’Orthodoxie, est enseignée et
pratiquée avant tout dans les monastères. Pour les fidèles qui vivent dans le
monde, dans les paroisses, la prière peut prendre bien d’autres formes. Une
grande place revient notamment à l’utilisation de livres de prières, pour
les prières du matin et du soir, les prières avant la communion…
L’important est de se tenir à une règle de prière, en accord avec son
confesseur. Mais l’enseignement des grands startsi reste toujours valable en ce qui concerne l’attitude intérieure, qui est fondamentalement la même pour tous.
« Il
n'y a qu'une chose qui soit nécessaire :
s'unir dans le cœur au Seigneur et ne
pas s'en éloigner ni en pensées ni en sentiments. Imitez le saint prophète
qui a dit : Je mets le Seigneur constamment sous mes yeux ; puisqu’Il
est à ma droite, je ne chancellerai pas (Ps. 15,8). Songez que vous êtes
sous l'œil du Seigneur qui est au-dessus de votre
cœur et y voit tout.
Alors va naître en vous une intense crainte de Dieu, vous vous
habituerez à vous examiner intérieurement, à éloigner de vous toute mauvaise
pensée, tout mauvais sentiment et à cultiver en vous la sobriété de
l'esprit. Si Dieu vous accorde que cette vie devant sa Face vous devienne
habituelle, alors vous n'aurez plus besoin d'être conseillé : Lui seul
vous guidera en tout. »[24]
« La prière est la respiration de la
vie spirituelle… Priez sans cesse (I Thess. 5,17, cf. aussi Luc 18,1) :
le Seigneur est proche et son secours est proche à tout instant… Le plus
important de tout, c'est de marcher devant Dieu ou sous le regard de Dieu, avec
le sentiment que Dieu a les yeux sur vous, qu'Il pénètre votre âme, votre cœur, et que là Il voit tout... Ce sentiment est le levier le plus fort
pour promouvoir la vie intérieure. »[25]
3.3.
Le renoncement à soi-même : synergie
de la grâce et de l’effort
La prière, qui consiste à donner la première
place à Dieu, à mettre le Christ au centre de notre vie, implique nécessairement
un renoncement à soi-même, qui fait l’objet d’un combat (cf. §
2.1).
Le
chrétien renonce à lui-même parce qu’il appartient à Dieu : « Je
vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir
vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là
votre culte spirituel » (Rom. 12,1). « Vous ne vous appartenez pas,
car vous avez été rachetés à un grand prix ; glorifiez donc Dieu dans
votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu » (I Cor.
6,19-20).
« Vous
devez vaincre l'amour-propre comme le Sauveur l'a ordonné : Qui veut me
suivre, qu'il
renonce à lui-même (Matth. 16,24). Quand vous aurez fait cela, vous n'aurez plus besoin de
demander comment on doit vivre pour parvenir au salut... Vous verrez clairement
qu'il n'est pas d'autre voie pour obtenir le salut que celle du renoncement à
soi-même. C'est justement la voie étroite (cf. Matth. 7,13) qui conduit
à la vie. »[26]
« Ce
qui est demandé, c'est le renoncement à sa propre volonté, à ses pensées et
sentiments égocentriques, à toute recherche de jouissance et à toute espèce
de laisser-aller, que ce soit dans la nourriture, dans la boisson, dans le
sommeil ou dans le penchant à l'oisiveté. Il ne faut rien céder à son moi
toujours en quête de jouissance. Votre souci principal doit être la prière :
priez à l'église, priez chez vous, priez toujours, vous sentant constamment
devant
« Remettez-vous
au Seigneur. Il vous montrera la voie. Il vous éclairera de sa vérité et vous
remplira de vie... En vous remettant au Seigneur, vous ne devez
cependant pas vous croiser les bras. Il a dit lui-même : Si vous
m'aimez, accomplissez mes commandements (Jean 14,15). Mais les commandements
du Christ ne mettent pas tant l'accent sur les actions extérieures que sur les
sentiments intérieurs et les intentions du cœur. Le Seigneur exige de nous un
cœur pur et bien
intentionné. C'est vers ce but que doivent tendre vos efforts. »[28]
Voici
un autre texte très instructif, de saint Macaire d’Egypte (IVe siècle) :
« Lorsque quelqu'un s'approche du Seigneur, il faut d'abord qu'il se fasse
violence pour accomplir le bien, même si son cœur ne le veut pas, attendant
toujours sa miséricorde avec une foi inébranlable. Qu'il se fasse violence
pour aimer sans avoir d'amour ; qu'il se fasse violence pour être doux
sans avoir de douceur ; qu'il se fasse violence pour être compatissant
sans avoir un cœur miséricordieux ; qu'il se fasse violence pour
supporter le mépris, pour rester patient quand il est méprisé, pour ne pas
s'indigner quand il est tenu pour rien ou déshonoré, selon cette parole :
Ne vous faites pas justice à vous-mêmes,
bien aimés (Rom. 12,19). Qu'il se fasse violence pour prier sans avoir la
prière spirituelle. Quand Dieu verra comment il lutte et se fait violence,
alors que son cœur ne le veut pas, il lui donnera la vraie prière spirituelle,
il lui donnera la vraie charité, la vraie douceur, des entrailles de
compassion, la vraie bonté, en un mot il le remplira des dons du Saint-Esprit. »[29]
L'idée fondamentale est la suivante : il
faut se faire violence, il faut vaincre et refouler son moi égoïste, il
faut peiner pour parvenir au sacrifice de soi-même, il faut combattre sans répit.
C’est ainsi que les Pères ont compris cette parole du Seigneur : Le
Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent.
(Matth. 11,12). Cependant,
il ne faut pas se fier à ses propres forces, mais à
« Ce combat
spirituel, on ne doit jamais l'interrompre, mais il faut le reprendre sans
cesse. Si tu es tombé, ne désespère pas, redresse-toi aussitôt avec le ferme
propos de ne plus tomber. Et continue ta lutte. »[30]
3.4.
Encore l’humilité et la sobriété spirituelle
Cet esprit de discipline, de crainte de Dieu, de vie en présence du
Seigneur, s’accompagne de modération, d’humilité (cf.
§ 2.4) et de sobriété spirituelle (cf. § 2.5) qui exclut
tout excès de sentimentalité :
« Le
fruit le plus important de la prière n'est pas une chaleur ou une douceur intérieure,
mais la crainte de Dieu et la contrition. Il faut toujours tenir ce
sentiment en éveil, vivre et respirer en lui… L'activité spirituelle n'est
pas faite d'extases : la meilleure de ses manifestations est un esprit
contrit, un cœur humble
et contrit (cf. Ps. 50,19). »[31]
Ceci est
important à rappeler à notre époque : la spiritualité authentique ne
consiste pas à rechercher des sensations
fortes, contrairement aux promesses que l’on peut trouver sur le marché
contemporain de la spiritualité. Les startsi
mettent fermement en garde contre
l’illusion spirituelle.
C’est ainsi qu’une
jeune fille, ayant décidé d'entrer au couvent,
s’était mis en tête de vivre dans une pauvreté extrême. Le starets
Macaire d’Optino (fin du XIXe
siècle)
la met en garde contre son excès de zèle où se cache beaucoup d'orgueil et de
complaisance :
« Selon l'opinion des saints Pères, nous ne
devons pas être l'assassin de notre corps mais de nos passions. Je t'avertis à
nouveau de ce danger : ne te mets pas en tête de devenir sainte tout d'un coup.
Prends garde à toi. Quand on prie, on doit avoir une grande humilité, et
celle-ci naît en brisant la volonté et l'opinion exagérée qu'on a de soi-même.
Garde-toi de ne vouloir prier qu'en esprit, tu n'en es pas encore capable. Tu
tomberais aussitôt dans l'illusion. Prie simplement. Celui qui fait don de la
prière à celui qui prie te donnera aussi la prière pure, en esprit, mais
seulement si tu deviens sincèrement humble et si tu considères ton péché :
par là l'âme devient contrite et le cœur humble... Travaille, sans chercher à acquérir les dons... Est-ce à nous de
chercher les dons de la grâce avant l'heure ?... C'est notre malheur que de vouloir
toujours trouver en nous la sainteté au lieu de l'humilité... »[32]
On remarquera que l’ascèse n’est pas dirigée
contre le corps : le corps n’est pas mauvais en lui-même. L’ascèse
n’est pas mortification : « Nous
avons été appelés non pas à tuer notre corps, mais à ne pas prendre soin
de la chair de manière à en exciter les convoitises (Rom. 13,14). La règle
à observer, c'est de discipliner le corps d'une manière raisonnable, sans
condescendance et sans complaisance. »[33]
Cet
aspect, d’ordre émotionnel, a déjà
été évoqué dans les paragraphes précédents. Nous y revenons ici, car nous
pensons que la vie chrétienne devient véritablement authentique lorsque le cœur
est profondément touché, dans la rencontre avec la grâce. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur (Matth. 6,21).
On
aura déjà compris (cf. § 2.5 et
3.4) que
l’émotion dont il s’agit (ce
terme doit être pris avec précaution) ne signifie pas sentimentalisme
ni débordement incontrôlé. Ce n’est pas un sentiment qui vient des choses
sensibles, visibles, mais des choses invisibles
(cf. II Cor. 4,18), du mystère qui se
manifeste et se dévoile. Il s’agit de la crainte de Dieu, du tremblement
devant le sacré, des larmes du repentir, de la joie aux pieds du Seigneur miséricordieux,
de l’ébranlement intérieur provoqué par la rencontre avec le Dieu vivant,
le Dieu d’amour et de compassion…
On
entend parfois des historiens se poser la question : quels sont les éléments
déterminants qui ont fait que la foi chrétienne s’est imposée dans
l’empire romain au IVe siècle, ou plus tard en d’autres lieux ?
Ils invoquent généralement des raisons politiques : le calcul et le sens
politique de l’empereur Constantin, liés à d’autres facteurs extérieurs.
Ils oublient souvent la force même du message évangélique, qui est apte à
changer les cœurs.
Faut-il
rappeler que la spiritualité orthodoxe est enracinée dans la révélation
biblique ? La place des Ecritures est primordiale, en particulier les
quatre Evangiles et les Psaumes, que les fidèles sont invités à lire
quotidiennement et qui finissent par imprégner leurs pensées et leurs
sentiments.
Voici par
exemple ce qu’écrit N. Arséniev à propos de
la conversion de
« Malgré
le rôle très important joué par l'élément rituel dans la vie religieuse du
peuple russe, sa conversion au christianisme était loin de n'être que l'adhésion
à un ensemble extérieur de rites et d'usages. Lors de l'introduction
officielle du christianisme en Russie au Xe siècle, il y eut, bien
entendu, une adhésion en masse, imposée par le prince. (…) Mais à côté de
cette adhésion collective, un authentique enseignement religieux se répandit
de plus en plus, grâce au zèle éclairé des princes Vladimir et Yaroslav et
de nombreux missionnaires et apôtres de la nouvelle foi. Surtout il y eut en
bien des cas un ébranlement intérieur
de l'âme, dont nous avons de nombreux témoignages, à partir des temps les
plus reculés. Le christianisme a compté des martyrs à Kiev bien avant la
conversion de Vladimir ; la grand-mère de celui-ci était déjà chrétienne,
il y avait des chrétiens parmi les membres de la droujina
du prince dès le début du Xe siècle : c'étaient autant de
conversions individuelles. Le prince Vladimir lui-même, après sa conversion au
christianisme, devint un autre homme, un homme au cœur changé. C'est dans ces
termes que le chroniqueur nous raconte : Il entendit Salomon qui dit : Celui qui donne aux pauvres prête à
Dieu, et d'autres passages semblables de l'Ecriture. Ayant entendu cela, il
ordonna à tous les pauvres et à tous les misérables de venir au palais du
prince et de prendre tout ce dont ils auraient besoin : à boire, à manger
et des peaux de martre du trésor du prince. Il donna encore l'ordre suivant,
disant : Les faibles et les souffrants ne peuvent venir jusqu'à mon
palais. Il donna donc l'ordre d'amener des voitures et d'y mettre du pain, de la
viande, du poisson, des fruits divers, de l'hydromel dans des tonneaux, du kvas
dans d'autres et voulut qu'on les promenât par la ville en s'informant où il y
avait des malades ou des pauvres incapables de marcher : on donna à ces
malheureux ce dont ils avaient besoin... »[34]
4.2.
La rencontre avec le divin
Tout
le monde n’a pas eu une apparition fulgurante du Christ comme saint Paul sur
le chemin de Damas. Mais tout chrétien peut rencontrer personnellement quelque
chose de Dieu dans sa vie. Et s’il sait se rendre présent et attentif à
cette grâce, il peut en garder le sentiment d’une expérience bouleversante.
Nous
trouvons aussi cette rencontre si touchante de Jésus avec
En
relisant de tels passages, nous pouvons ressentir l’ébranlement intérieur provoqué par l’irruption du divin
dans la vie ordinaire, l’irruption de l’éternité dans la vie quotidienne.
Le caractère sacré de cet instant et de ce lieu que Dieu vient remplir de sa
présence nous inspire une sainte crainte,
comme les saintes femmes qui étaient saisies
d’effroi (Marc 16,5) en réalisant que le Seigneur était ressuscité.
Lorsque Dieu se manifeste à nous, que son amour se manifeste à nous, la raison
désarme devant le mystère insondable qui descend jusqu’à elle. Le cœur
endurci par le péché se rend devant cette infinie miséricorde, devant cet
amour ineffable.
On
est bouleversé, comme le psalmiste : Mon
cœur était en feu, et mes reins bouleversés. J'ai été réduit à rien, et
je n'ai plus rien su, j'étais comme une bête de somme devant Toi, et je suis
sans cesse avec Toi. Tu m'as saisi la main droite, et tu m'as guidé par ton
conseil ; tu m'as pris avec toi dans la gloire. Qu'y a-t-il pour moi dans
le ciel ? Ai-je désiré autre chose que toi sur la terre ? Mon cœur
et ma chair ont défailli ; ô Dieu, tu es le Dieu de mon cœur et mon
partage pour l'éternité. (Ps. 72,21-26)
4.3.
L’attendrissement du cœur
L’idée
de cœur attendri se trouve déjà
dans cette promesse que le Seigneur avait faite par la bouche du Prophète Ezéchiel :
Je vous donnerai un cœur nouveau, et je
mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le cœur de
pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. (Ez. 36,26)
La langue russe a un
mot spécial, oumilénié, pour désigner
cet état intérieur d’attendrissement
spirituel. Il s’agit d’un sentiment qui saisit le cœur le plus dur
lorsqu’il réalise la condescendance de Dieu, lorsqu’il fait l’expérience
de la miséricorde de Dieu et du pardon de ses péchés. Il s’agit de
l’attendrissement qui s’empare de l’âme du pécheur repenti, qui
l’incline à pardonner à son tour ceux qui l’ont offensé. Cet état qui
nous inspire la compassion pour le prochain qui se trouve dans la peine ou le
besoin (au lieu de nous apitoyer sur nous-mêmes). Ce sentiment qui rend capable
de reconnaître le Christ dans le pauvre qui a faim, qui a froid, qui est étranger,
qui est en prison, et qui incline à la charité.
« L'idée que le Christ
est là sous la forme d'un mendiant et reçoit notre aumône, (...)
fait vibrer dans les cœurs des croyants les paroles du chapitre 25 de l'évangile
selon saint Matthieu. »[35]
« Cet
attendrissement (...) est souvent
aussi un acte de contrition :
l'abîme de mon indignité, de ma faiblesse, de mes vices, se découvre en même
temps que l'abîme de la miséricorde divine qui m'a déjà pardonné. C'est
justement ce contraste qui est ressenti comme attendrissant. Pour recourir au
langage théologique, nous devons désigner ce sentiment comme la rencontre
du cœur avec la grâce divine, comme le point
d’intersection du cœur et de la grâce,
comme la réponse que nous donnons à l'action de la grâce dans
notre cœur malade et assoiffé de guérison. Oui, c'est justement une réponse,
car aux yeux de la conscience religieuse la grâce prend l'initiative, c'est
elle qui commence, et non pas nous. L'attendrissant, en effet, c'est que ce soit
Dieu qui condescende à nous, nous reçoive dans ses bras, comme le père reçoit
son fils prodigue, aussi indignes que nous nous sachions. (...) C'est pourquoi
la parabole de l'enfant prodigue, les récits évangéliques concernant les
publicains et les pécheresses qui venaient au Christ, ont une résonance
particulière dans l'âme du peuple. »[36]
4.4.
La conversion par la beauté
« L'amour
de la beauté religieuse, de la beauté du culte, si enracinée dans l'âme
populaire, s'explique aussi en grande partie par cette rencontre, par cet attendrissement
du pécheur devant la transcendance et la condescendance divines. Le charme esthétique
du culte et de toute l'ambiance de l'Eglise a profondément agi sur les ancêtres
les plus éloignés des Russes d'aujourd'hui. Le récit de la conversion du
prince Vladimir, vers la fin du Xe siècle, en porte témoignage.
D'après la légende, Vladimir avait envoyé des émissaires chez les différents
peuples pour trouver la meilleure religion… (Après avoir vu le culte des
musulmans et des latins, et n’y ayant pas trouvé de beauté), ils allèrent
chez les Grecs, et les Grecs les menèrent là où ils adorent leur Dieu. Et
nous ne savons pas si nous avons été au ciel ou sur la terre, car sur la terre
on ne trouve pas de pareille beauté. Aussi nous ne savons pas ce que nous
devons dire, mais nous savons une seule chose : c'est que Dieu demeure là
avec les hommes et que leur culte est le meilleur de tous. Nous ne pouvons
oublier cette beauté. Comme un homme ayant mangé du doux, refuse de manger de
l'amer, de même nous ne pouvons rester parmi vous. »[37]
« Toutefois
la beauté liturgique ne fait qu'indiquer la proximité d'un autre monde, monde
divin de beaucoup supérieur au nôtre, rempli d'une présence subjugante. La
beauté ne fait que préparer l'âme à cette rencontre avec son Dieu. »[38]
Nous
avons présenté une approche de la vie spirituelle, au sens de la vie en
relation à Dieu, dans une conception orthodoxe. Cette spiritualité est fondée
sur l’Evangile, et en particulier sur
Mais
il reste pour nous à nous approprier ce don de la vie nouvelle, pour pouvoir
dire avec l’apôtre Paul : « J'ai été crucifié avec le Christ ;
et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ;
si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a
aimé et qui s'est livré Lui-même pour moi » (Gal. 2,20). « Le but
de la vie chrétienne est l’acquisition du Saint Esprit » disait encore
saint Séraphim. Et c’est tout un travail, un combat, où nous mettons
cependant notre espérance non dans nos propres forces, mais dans le Seigneur.
C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre l’ascèse et les jeûnes préconisés
par l’Eglise.
« Il faut souligner l'austérité
et la virilité de cet
enseignement. C'est la crucifixion du moi qui en forme l'essence : la lutte
incessante avec les pensées du péché, le combat
invisible, le combat spirituel inlassable et surtout la prière. »[39]
On peut dire que la vie spirituelle
s’identifie avec la prière. Cette prière implique une attitude (intérieure)
faite de courage, d’humilité et de sobriété. La spiritualité n’est pas
une activité à côté de toutes les autres, elle concerne tous les domaines de
la vie.
Nous
n’avons pas abordé tous les aspects de la vie spirituelle (on pourra se
reporter à la bibliographie pour des exposés plus complets), nous avons voulu
mettre en relief quelques traits qui nous paraissent essentiels, qu’il est
important de rappeler à une époque qui véhicule des valeurs opposées sur
bien des points. Alors qu’on se laisse facilement gagner par la mentalité du
monde, des considérations spirituelles nous commandent d’aller à
contre-courant :
- Notre époque est très
psychique, avec tout ce que cela
comporte d’ambigu, elle privilégie l’émotion et la met volontiers en scène,
les média nous poussent à la recherche de sensations fortes… Tout à
l’opposé, les Pères enseignent l’humilité
et la sobriété spirituelle. Il
existe toutefois une forme d’émotion, dépourvue de sensualité, liée au repentir,
qui joue un rôle dans la conversion et la vie spirituelle, lorsque le
cœur est touché par la grâce, par la rencontre avec le Dieu vivant.
- Quand la culture ambiante prône l’exaltation de soi et
l’épanouissement
personnel, l’Evangile appelle au renoncement
à soi-même, car ce que l’on prend pour soi-même, ce que la
culture exalte, c’est l’homme déchu, le vieil homme qui est appelé à
mourir. Or, du point de vue chrétien, nous sommes bel et bien appelés à une réalisation
de nous-mêmes, mais pas sans Dieu. Nous sommes appelés à réaliser notre
vocation, selon le dessein de Dieu, qui est la participation
à la vie divine (cf. 2 Pi. 1,4).
Ce
programme est exigeant et difficile, c’est le combat de toute une vie. C’est
avec beaucoup de modestie que nous nous permettons d’en parler, car nous
sommes loin de cet idéal, de cette expérience de sainteté. Nous ne sommes que
de médiocres apprentis. Mais nous reconnaissons que là est la vérité de
l’Evangile.
a) Introduction à la spiritualité orthodoxe
Nicolas Arséniev : La
piété russe. Delachaux et Niestlé. 1963.
Vladimir
Lossky et Nicolas Arséniev :
Elisabeth
Behr-Sigel : Le lieu du cœur.
Initiation à la spiritualité de l’Eglise orthodoxe. Théologies. Cerf.
1989.
Antoine
Bloom : L’Ecole de la prière. Seuil. 1970.
Ignace Briantchaninov : Introduction
à la tradition ascétique de l’Eglise d’Orient (traduction : Hiéromoine
Syméon ; préface : Métropolite Antoine de Souroge). Editions Présence. 1978.
Placide
Deseille : L’Evangile au désert. L’Echelle de Jacob. YMCA-PRESS. 1985.
Placide
Deseille :
Père
Matta el-Maskine : L’Expérience de
Dieu dans la vie de prière.
Spiritualité orientale n° 71. Abbaye de Bellefontaine. 1997.
Récits
d’un pèlerin russe
(traduction : Jean Laloy). Sagesses. Seuil. 1978.
b) Ecrits des Pères
Les
Homélies spirituelles de Saint Macaire
(traduction : P. Placide Deseille). Spiritualité orientale n° 40. Abbaye
de Bellefontaine. 1984.
Saint
Jean Climaque : L’Echelle sainte (traduction : P. Placide Deseille).
Spiritualité orientale n° 24. Abbaye de Bellefontaine. 1987.
Saint
Isaac le Syrien : Discours ascétiques (traduction : P. Placide Deseille). Monastère
saint Antoine le Grand. 2006.
Irénée
de Lyon : Contre les Hérésies (traduction : Adelin Rousseau). Cerf.
1985.
[1] Antoine de Souroge, dans la préface du livre en traduction française d’Ignace Briantchaninov : Introduction à la tradition ascétique de l’Eglise d’Orient.
[2] Irénée de Lyon : Contre les hérésies. IV,18,5.
[3] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 28.
[4] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 29.
[5] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 30.
[6] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 29.
[7] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 31.
[8] Saint Macaire : Homélies spirituelles. 17,15.
[9] Isaac le Syrien : Discours ascétiques. 36,4-5.
[10] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 33.
[11]
Hésychius de Batos : Chapitres
sur la sobriété et la vigilance, 24, dans
[12] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 33.
[13]
Hésychius de Batos : Chapitres
sur la sobriété et la vigilance, 28, dans
[14]
Philotée le Sinaïte : Quarante
Chapitres neptiques, 22, dans
[15] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 34.
[16] Dorothée de Gaza : Instructions. 2,33. Sources Chrétiennes n° 32, p.197.
[17] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 34-35.
[18] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 56.
[19]
Hésychius de Batos : Chapitres
sur la sobriété et la vigilance, 3, dans
[20] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 36.
[21] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 37.
[22]
Nicolas Arséniev : La
piété russe ; V. Lossky et N. Arséniev :
[23]
Théophane le Reclus, cité dans
[24]
Théophane le Reclus, cité dans
[25]
Théophane le Reclus, cité dans La
piété russe p. 118-119 et
[26]
Théophane le Reclus, cité dans La
piété russe p. 116 et
[27]
Théophane le Reclus, cité dans
[28]
Théophane le Reclus, cité dans
[29] Saint Macaire : Homélies spirituelles. 19,3.
[30] Théophane le Reclus, cité dans La piété russe p. 116.
[31]
Théophane le Reclus, cité dans La piété russe p. 119 et
[32] Macaire d’Optino, cité dans La piété russe p. 120.
[33]
Théophane le Reclus, cité dans La piété russe p. 119 et
[34] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 69.
[35] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 89.
[36] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 74-76.
[37] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 82.
[38] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 86.
[39] Nicolas Arséniev : La piété russe. p. 37.